En bref
- Prix de pose : 0 € sur prise standard, ~150 € en prise renforcée, ~350 € (7,4 kW), ~550 € (11 kW) ou ~950 € (22 kW) pour une borne.
- Obligation légale : toute installation de plus de 3,7 kW doit être posée par un électricien certifié IRVE (décret n°2017-26).
- Norme électrique : circuit dédié + disjoncteur différentiel 30 mA (NF C 15-100) ; attestation Consuel si le tableau est modifié.
Combien coûte l'installation selon la solution ?
Cinq solutions coexistent pour recharger chez soi, de la prise domestique gratuite à la borne triphasée de 22 kW. Le prix de pose grimpe avec la puissance et les prérequis électriques, mais aussi avec le niveau de certification exigé de l'installateur. Voici le comparatif pour bien situer votre besoin avant de choisir la borne la plus adaptée. D'après l'ADEME, une pose par un professionnel qualifié IRVE garantit la sécurité de l'installation et l'éligibilité aux aides.
| Solution | Coût de pose | Prérequis électriques | Certification installateur |
|---|---|---|---|
| Prise standard 2,3 kW | 0 € | Prise existante 16 A, monophasé | Aucune (déconseillé en usage quotidien) |
| Prise renforcée 3,7 kW | ~150 € | Circuit dédié 2,5 mm², différentiel 30 mA type A, disjoncteur 20 A | Électricien qualifié |
| Borne 7,4 kW | ~350 € | Circuit dédié 6 mm², différentiel 30 mA type F, disjoncteur 40 A, monophasé | IRVE obligatoire |
| Borne 11 kW | ~550 € | Triphasé, câblage 4 mm², protection tétrapolaire 30 mA | IRVE P2 ou P3 |
| Borne 22 kW | ~950 € | Triphasé 12-15 kVA, câblage 10 mm² | IRVE P3 |
La prise domestique standard : gratuite mais risquée
Recharger sur une prise domestique classique (2,3 kW) ne coûte rien : aucune installation n'est nécessaire, il suffit de brancher le câble fourni avec le véhicule. C'est la solution de dépannage la plus accessible, mais aussi la plus limitée pour un usage quotidien.
Une prise standard délivre au mieux 2,3 kW, soit plus de 20 heures pour une charge complète. Surtout, elle n'est pas conçue pour supporter une puissance élevée sur une longue durée. Sollicitée quotidiennement à son maximum, elle présente des limites bien réelles :
- Échauffement des contacts, des conducteurs et du disjoncteur en cas de charge prolongée.
- Risque de dégradation prématurée de l'installation, voire d'incendie sur un réseau ancien (antérieur aux années 1990).
- Aucune gestion connectée : impossible de piloter finement la charge sur les heures creuses.
- Convient uniquement à un usage occasionnel ou aux petits rouleurs (moins de 34 km/jour en moyenne).
Pour tout usage régulier, la prise renforcée 3,7 kW (~150 €) ou une borne murale dédiée constitue un investissement modéré qui sécurise la recharge et ouvre l'accès au pilotage tarifaire.
Les prérequis électriques et les normes à respecter
Quelle que soit la solution retenue au-delà de la prise standard, la recharge d'un véhicule électrique impose un circuit électrique dédié et des protections spécifiques. La norme de référence est la NF C 15-100, complétée par des obligations réglementaires propres aux bornes.
Un circuit dédié et des protections adaptées
La borne (ou la prise renforcée) doit être alimentée par une ligne directe tirée depuis le tableau électrique, sans partage avec d'autres usages. Les éléments obligatoires sont :
- Un disjoncteur différentiel de 30 mA (type A pour la prise renforcée, type F pour les bornes qui génèrent du courant continu résiduel).
- Un disjoncteur divisionnaire dédié dimensionné à la puissance (20 A pour 3,7 kW, 40 A pour 7,4 kW).
- Un câble de section adaptée : 2,5 mm² en prise renforcée, 6 mm² pour du 32 A sur moins de 25 mètres, 10 mm² au-delà.
- Une liaison obligatoire à la prise de terre du logement.
L'obligation d'un électricien certifié IRVE
Sur le plan réglementaire, toute installation d'une puissance supérieure à 3,7 kW doit être réalisée par un électricien certifié IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicule Électrique), conformément au décret n°2017-26. Cette certification se décline en niveaux (P1, P2, P3) selon la puissance et le pilotage de la borne : une borne 22 kW exige par exemple une qualification IRVE P3.
Passer par un installateur IRVE n'est pas qu'une formalité : c'est aussi la condition pour bénéficier des aides à l'installation et pour que votre assurance couvre l'équipement en cas de sinistre.
L'attestation Consuel et la déclaration à Enedis
Dès qu'il y a création ou modification du tableau électrique — ce qui est le cas de la plupart des poses de borne — une attestation de conformité Consuel est exigée. C'est l'électricien IRVE qui l'établit et la transmet, avant la mise sous tension par Enedis. Cette étape garantit que l'installation respecte les normes en vigueur et protège le foyer.
Les étapes de l'installation d'une borne
De l'audit électrique à la mise en service, la pose d'une borne suit un déroulé précis, réalisé en une demi-journée à une journée par un professionnel IRVE.
Audit de l'installation
L'électricien vérifie la puissance disponible au compteur, l'état du tableau et le type de raccordement (monophasé ou triphasé). Il détermine si un changement de puissance est nécessaire.
Choix de la solution
Prise renforcée ou borne de 7,4 à 22 kW, selon le kilométrage quotidien, le raccordement et le chargeur embarqué du véhicule. Ce choix conditionne le prix et les prérequis.
Tirage du circuit dédié
Une ligne directe est tirée depuis le tableau jusqu'à l'emplacement de la borne, avec un câble de section adaptée relié à la prise de terre.
Pose des protections
Installation du disjoncteur dédié et de l'interrupteur différentiel 30 mA de type F, obligatoire car les chargeurs embarqués génèrent du courant continu résiduel.
Pose et mise en service
Fixation de la borne (intérieur ou extérieur selon l'indice IP54/IP55), raccordement, paramétrage de la charge pilotée sur les heures creuses et test de fonctionnement.
Attestation Consuel
En cas de modification du tableau, l'électricien IRVE établit l'attestation de conformité Consuel, transmise à Enedis avant la mise sous tension.
Qui installe une borne et comment maîtriser le coût ?
Seul un électricien certifié IRVE est habilité à poser une borne de plus de 3,7 kW. Il peut être un artisan indépendant, un installateur spécialisé ou un réseau partenaire d'un fabricant de bornes. Au-delà du matériel et de la main-d'œuvre, plusieurs postes font varier la facture :
Ce qui fait monter le prix
- Distance importante entre le tableau et la borne ;
- Passage au triphasé (souvent plus de 1 500 € via Enedis) ;
- Modification du tableau électrique ;
- Borne connectée haut de gamme.
Ce qui l'allège
- Choisir la puissance réellement utile (souvent 7,4 kW) ;
- Emplacement proche du tableau ;
- Rester en monophasé quand c'est possible ;
- Mobiliser les aides à l'installation.
Une fois la borne posée, le vrai levier d'économie se joue sur le prix de l'électricité : recharger en heures creuses avec l'offre la moins chère du marché divise nettement le coût au kilomètre. Comparer les fournisseurs avant d'installer sa borne permet de caler dès le départ sa recharge sur le meilleur tarif.
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Questions fréquentes sur l'installation d'une borne
Non. Une prise domestique standard (2,3 kW) permet de recharger sans aucun frais d'installation, mais elle est lente (plus de 20 h pour une charge complète) et n'est pas conçue pour des recharges quotidiennes prolongées : sollicitée à sa puissance maximale, elle peut surchauffer. Pour un usage régulier, une prise renforcée (3,7 kW, ~150 €) ou une borne murale (7,4 à 22 kW) est plus rapide, plus sûre et pilotable sur les heures creuses.
Non pour tout ce qui dépasse 3,7 kW. Le décret n°2017-26 impose qu'une borne de plus de 3,7 kW soit posée par un électricien certifié IRVE. En dessous (prise renforcée), l'intervention d'un électricien qualifié reste vivement recommandée pour créer un circuit dédié protégé. L'auto-installation d'une borne fait par ailleurs perdre le bénéfice des aides et peut invalider l'assurance en cas de sinistre.
Souvent, oui. Une borne de 7,4 kW ajoute une forte demande instantanée : rechargée en même temps que d'autres appareils, elle peut faire disjoncter un compteur en 6 kVA. Beaucoup de foyers passent alors en 9 kVA. Le délestage automatique intégré aux bornes modernes permet toutefois souvent d'éviter la hausse en réduisant temporairement la charge de la voiture.
Une attestation de conformité Consuel est exigée dès qu'il y a création ou modification du tableau électrique — ce qui est le cas de la plupart des poses de borne (nouveau circuit dédié, protections ajoutées). L'électricien IRVE établit cette attestation, transmise à Enedis. Une simple prise renforcée sur un circuit existant peut en être dispensée, mais l'électricien reste juge de la mise en conformité.
Une borne de 22 kW délivre 32 A sur trois phases : elle exige donc un raccordement triphasé de 12 à 15 kVA minimum, absent de la majorité des logements en monophasé. Passer au triphasé via Enedis coûte souvent plus de 1 500 €, ce qui rend cette borne pertinente surtout pour les maisons déjà triphasées ou certains professionnels. Le véhicule doit en plus disposer d'un chargeur embarqué triphasé pour exploiter cette puissance.
Comptez en général une demi-journée à une journée d'intervention pour une borne murale standard : visite technique, tirage du circuit dédié depuis le tableau, pose des protections (disjoncteur dédié + différentiel 30 mA type F), fixation et mise en service de la borne. Le délai est allongé si le tableau doit être modifié, si un passage au triphasé est nécessaire ou si la distance entre le tableau et l'emplacement est importante.
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